jeudi 10 mai 2007

Arthur




Le seul qui ait réussi à me toucher sans que j'en fasse un ulcère après.

Lui aussi c'est un squelette maintenant. Une mouette, un albatros de baudelaire

"le poète est semblable au prince des nuées

qui hante la tempête et se rit de l'archer ;

exilé sur le sol au milieu des huées

ses ailes de géant l’empêchent de marcher."


J'en ai marre de l'autre, j'en ai marre d'entendre "mon ventre est ballonné, je chie jaune, ma petite culotte est trop grande,..."rien a foutre.

Let me not to the marriage of true minds


Let me not to the marriage of true minds
Admit impediments. Love is not love
Which alters when it alteration finds,
Or bends with the remover to remove:
O no; it is an ever-fixed mark,
That looks on tempests, and is never shaken;
It is the star to every wandering bark,
Whose worth's unknown, although his height be taken.
Love's not Time's fool, though rosy lips and cheeks
Within his bending sickle's compass come;
Love alters not with his brief hours and weeks,
But bears it out even to the edge of doom.
If this be error, and upon me prov'd,
I never writ, nor no man ever lov'd.
Shakespeare

vendredi 6 avril 2007

mots sur maux


Maux pourris malodorants oubliés sur des palimpsestes mal digérés
s’agglutinent en coulures indigestes dans les entrailles
entravées souillées
bouffent rongent rouillent la
dépouille et transforment la carcasse en papyrus
affiné nouent les intestins collent les
boyaux mangent les viscères
broient les tubes se défequent s'éxcrètent
s’extirpent violemment
bucalement
dans un vocable toxique organique
vomissures moisissures
dégoulinant infectes fétides pour plonger dans
l'abîme ronde profonde d'une bouche d'ombre.
A.S

je suis ...


ciel! mon café



Le ciel rampe sur le parquet d'une chambre aux persiennes ouvertes à travers lesquelles le vent s'engouffre gaiement pour balayer les premiers mots sur l'écran noir et blanc d'un ordinateur neurotoxique malade de sa propre neuropathie qui se tient aux aguets paranoïaque car il craint que le lapin bouilli dans la casserole de la cuisine ne s’échappe de son cercueil brûlant en volant jusqu'à lui sur un trapèze de vapeur nu comme un lagomorphe disséqué pour l'étrangler avec un pince à linge qui serait tombée de la culotte d'un célèbre footballeur qui se serait défroqué pendant un match car l'arbitre le pénalisait pour avoir été grossier suite à une panne de réveil et n'avoir pas mis de sucre dans son café.
A.S

dimanche 4 mars 2007

Laissez les morts enterrer leurs morts


Laissez les morts aller enterrer leurs morts
ne les aidez pas
laissez les morts prendre soin des morts
laissez les ensemble,
ne les servez pas.

Les morts dans leurs mains sales de morts
ont des monceaux d'argent,
ne les prenrez pas.
Les morts dans leurs cerveaux grouillants
foisonnent de mots blancs phosphorescents,
de sagesse pourrie et de sapience qui puesubtilement;
ne les croyez jamais.

Les morts sont myriades, ils ont l'air puissants.
Ils font siffler les trains, ricaner les voitures, cahoter les bateaux,
moudre les moulins encore et encore,
et vous gardent par millions aux moulins, esclaves pâles et
aveugles
pendant que ce sont là les moulins de Dieu.

C'est le grand mensonge des morts.
Les moulins de l'industrie ne sont pas les moulins de Dieu.
Et les moulins de Dieu moulent autrement, par les vents de la vie
et pour les meules.
Faites confiance aux moulins de Dieu bien, qu'ils moulent extrêment fins.
Mais comme pour les moulins de l'homme, ne leurs soyez pas attelés.

Les morts donnent des bateaux et des machines, le cinema, la radio et le gramophone,
ils envoient des avions à travers le ciel,
et ils disent, maintenant voyez! vous vivez la vrai vie!
Pendant que vous écoutez, pendant que vous regardez le film ou conduisez une voiture,
pendant que vous lisez une page sur des vaisseaux de l'air traversant l'atlantique
sauvage voyez! vous vivez la vraie vie, La vie prodigieuse!

Comme vous le savez c'est du pur mensonge,
vous tombez tous morts, cadavres pâles,
à écouter le mensonge,
crachez le.

Oh! cessez d'écouter les morts-vivants.
Ils sont simplement avides de vôtre vie!
Oh, cessez de travailler pour les morts aux dents en or;
ils sont si avides, pourtant si demunis si on ne travaille pas pour eux.
Ne soyez jamais bon pour les morts au sourires pleins de dents
ne soyez jamais bon pour les morts,
c'est se vendre à des cadavres,
à des ports répugnants, vivants et gras.

Enterrez gentiment un homme si il est couché dans la mort.
Mais avec les morts qui se promènent et parlent, et sont conventionellement persuasifs,
avec compte bancaire et police d'assurance,
ne sympathisez pas, sinon vous infectez les bébés encore à naître.

D.H Lawrence