mardi 20 février 2007

miroirs ... mouroirs ...




j'aime, j'épouse ma mort, purifié des masses, tous rapports purifiés dans le miroir des miroirs...
Michaux

mardi 6 février 2007

Ophélie


I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles

La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,

Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...-

On entend dans les bois lointains des hallalis.


Voici plus de mille ans que la triste Ophélie

Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir

Voici plus de mille ans que sa douce folie

Murmure sa romance à la brise du soir


Le vent baise ses seins et déploie en corolle

Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;

Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,

Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.


Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;

Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,

Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :

- Un chant mystérieux tombe des astres d'or

II

O pâle Ophélia ! belle comme la neige !

Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !

C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège

T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;


C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,

À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits,

Que ton coeur écoutait le chant de la Nature

Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;


C'est que la voix des mers folles, immense râle,

Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;

C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,

Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !


Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !

Tu te fondais à lui comme une neige au feu :

Tes grandes visions étranglaient ta parole

-Et l'Infini terrible éffara ton oeil bleu !

III


-Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles

Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;

Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,

La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

Arthur Rimbaud

vendredi 15 décembre 2006

angoisse opaque

Besoin de lâcher un peu les effluves dégoulinantes de ma pensée. Elle arrive opaque et dense comme l'ombre de la nuit. J'ai fermé la porte à la lumière, me plongeant dans la solitude. La voix cajolante de Barbara me caresse, frôlant mes pensées. Elle seule me tient compagnie et donne vie à la lourdeur épaisse du vide de la pièce. Je suis lasse de gueuler ma souffrance à travers ces ténèbres trop longues. Un cri que me renvoi l'écho des murs suintants l'angoisse, dégoulinants de douleur, qui se referment sur moi comme un étau. Je me suis accrochée cette pierre autour du cou qu'est la dépression. Cachée dans les plinthes, dissimulée derrière le crépi de mes murs, elle me guette, macabre, l’œil cerclé de noir, les doigts tordus pour me crocheter dans un coin. Elle m'attend sur le pas de ma porte, et moi, proie fragile, je l'évite furtivement, essoufflée déjà de cette longue course à travers la vie. Trop tard. Je suis née d'une bouche d'ombre, et n'en suis jamais sortie. C'est elle-même qui m'a injecté ce poison mortel, qui m'a noyé dans l'indicible. Je suis la chair de la chair décomposé, et fétide. Mon corps s’effrite lentement pour retrouver la décomposition qui m'a crée. Je ne suis que nausées et vomissures, je suis les moisissures dégoulinants le long de mon écueil cerclé de blanc. Je suis l’entraille des entrailles, une baudruche à enfler et désenfler. Le jouet sordide de l'infortunée qui n'a pas su m'utiliser. Lâchez l'embouchure et laissez moi m'envoler dans les cieux remplie d'air et aller cracher mon vide jusqu'au firmament. Lâche ma bouche, enlève-moi ce sein douteux de la figure, je ne veux plus de ton lait amer. ... A mère... amertume... A ! Mère tue me ... Laisse toi mourir et lâche-moi que je vive ... Je ne veux plus de ta main squelettique qui m'empoigne me tirant à toi dans ces longues déblacles nocturnes. Arrête de me fixer à travers ces cavités vides.
Je voudrais retrouver celle que je suis. Je voudrais que dans mon ventre, où pourrissent les damnés, au milieu des dépouilles, naisse une fleur. Alors je nourrirais ce bourgeon pour que pousse un lierre coloré et fleurit qui recouvre l'odeur fétide de la mort. Je voudrais qu'en moi éclose un jardin de vie qui surgisse et que sortent à travers moi toutes ces merveilles. Alors les gens me verront tel que je suis, pleine de couleurs. Une peinture inachevée mais prometteuse.
A.S

mardi 10 octobre 2006

inxpire

Je vis dans un monde virtuel, je peux échanger les couleurs. Je suis exploratrice de la 3ème dimension, je me glisse dans votre imagination.
J’ai le miroir maussade immobile de glace qui se frise à ma vue et me glace.
Dans les oubliettes de ma sombre pensée, j’aimerais que les souvenirs qui me dérangent dérivent, mais moi, ma mémoire n’est pas sélective. L’amour, je le court circuite.
Les matins blêmes qui sont les plus fragiles, sont comme les étoiles et nous, terriens, ne sommes rien, juste des poussières dans le système solaire qui sifflent comme des étoiles filantes.
Le monde à l’envers, l’envers du vertige, mes souhaits seraient d’être une autre, je les déguise, il n’y a que le murmure de la nuit qui les entend, je masque mes fantasmes.
J’aimerais trouver les mots, tous les mots sont démodés. Ame trop sensible, à cœur ouvert à corps saignant, une cible trop fragile.
Pleurer fait pousser comme une fleur, à fleur de peau, une danse en transe une transcendance, goutte que goutte, l’amour de l’eau, la nuit docile glisse dans la rive; pluie d’or.
Dans la nébuleuse des bulles heureuses, le chagrin il est vain d’en rajouter trop enivrant envenimé.
La pluie ne dit rien, vous allez rire peut être ou pleurer de joie, je ne sais pas. La raison taquine souvent la folie, épée de Damocles, mon âme vacille l’air de rien dans le temps.
Les mots roulent boulent filent sur un fil. Pas si facile d’être pure dans un monde qui l’est moins.
Le bonheur c’est dans les couleurs, mélodies inventées en un rien, on peut faire le tour de la terre sur les mains, mettre un canard dans son café, s’enlever le doute du pied pour ne pas s’embrouiller.
Un clown mal acidulé, un magicien auditionné, un blaireau qu’on ne peut pas sucrer. Rêve. Le jour se lève c’est le soleil de tes yeux qui illumine ma pensée et panse mon passé.

A.S

lundi 2 octobre 2006



Il y a des couloirs, des mains courantes et des escaliers en spirale dans l'air. Quand l'air nous manque. Quand les mots refusent de se détacher des choses. Et accroissent leur opacité, leur accablement, leur servilité de choses. Des couloirs et des mains courantes qui mènent à cette buanderie de l'air où nous allons nous échouer.

Des couloirs sans fin qui nous relèguent et que nous finirons par VOMIR comme des fragments imputrescibles de l'affreux festin labyrinthique. Dans les galeries de ce terrier aérien, la bête insensée que nous sommes, meurt de s'unir à la bête future que nous enfermons, et que nous poursuivons, et que nous ajustons, dehors, aveuglément, avec une arme sans défaut qui ne peut abattre que nous.

Jacques Dupin

samedi 30 septembre 2006

lettre kafk'aie-haine

Ma bouche n’arrive plus à sortir les mots qui restent coincés au fond de mon gosier comme une plaie. Tout comme j’ai besoin de mes mains pour m’extirper ces violentes giclées acides, j’ai besoin d’elles aussi pour laisser s’échapper ces maux coulants. Tu me pose des questions et je ne peux y répondre, voilà donc ce que mes mains t’apportent. Ces giclées acides de maux, j’espère ne t’éclabousseront pas trop, mais répondront à tes incertitudes. N’y vois pas un cri de désespoir, mais une tentative désespérée de me débattre à la lumière, un au secour étouffé par ma propre force de m’en sortir, un cri allié à la lueur.
Je te demanderais, s’il te paît, de répondre par écrit, si réponse il y a. Je n’arrive plus à m’exprimer à l’oral, car les mots après avoir traversé ma pensée, restent bloqués devant ma paroi buccale. Et ma bouche se déformant comme pour mettre à terme, se retrouve dans la perplexité de l’inachèvement de l’information. Tu vois je voudrais dire "je t’aime "tout simplement, et ces mots si doux ont du mal à traverser les lieux.
Cet organe de mon être est déjà trop meurtri, brutalisé et violenté afin de faire évacuer ma rancœur.
On ne peut pas blâmer l’anorexie, la boulimie. Elles ne sont que le résultat d’une recherche de mon être à récupérer son due. Je ne veux pas te blâmer. Tu as choisi de t’effacer devant maman et sa souffrance béante. Seulement vous avez laissé une enfant aux proies des ombres et le seul monstre qui pouvait être sous mon lit se trouvait dans la pièce a côté.
C’est une enfant de quatre ans qui s’est faite piétiner et broyer. Un bourgeon, arrosé à l’acide citrique d'alcool, qui a fané. C’est, je crois, ce que l’anorexie essaye de récupérer maladroitement, cette enfant meurtrie, afin de la faire renaître en décomposant/recomposant l’enveloppe charnelle.
C’est un retour en arrière dangereux pour mieux revenir en avant. Je vous blâme tous deux de n’avoir su préserver cette enfant. Surtout elle, de m’avoir prise pour son sauveur, de m’avoir fait porter encore fœtus inachevé le poids de sa douleur. Et toi de n’avoir eu conscience que trop tard de la situation.
Je n’écris pas ça pour "blâmer ", mais j’ai besoin que mes maux s’évacuent autrement que par ma bouche qui est en grève provisoire pour cause de dégradations.
A.S

lundi 21 août 2006

Rêvons toujours les mêmes rêves aimés


Elle m'appelle cette voix,
tout au fond de mon coeur

Je voudrais ne rêver
que de rêves qui m'exhaltent

J'ai traversé des oceans de tristesse

Mais je sais que sur l'autre rive,
je te rencontrerais sûrement

Je suis ce voyageur qui répète
les mêmes erreurs

Mais qui connait le bleu du ciel
pour l'avoir exploré a chaque chute

Le chemin semble long et interminable
Mais je peux de ces deux bras,éteindre la lumière

Mon coeur cesse de battre
quand je te dis adieu

Mon corps vide et silencieux
tend l'oreille vers le monde

Le merveilleux de la vie,
le merveilleux de la mort

Les fleurs, le vent et les villes
participent du même merveilleux

Elle m'appelle, cette voix,
tout au fond de mon coeur

Rêvons toujours les mêmes rêves aimés
Plutôt que d'énumerer la ritournelle des malheurs

Servons nous des mêmes lèvres
pour chanter joyeusement

Cette voix enfermée
dans chaque souvenir

Conitnuons d'en écouter et d'en garder
precieusement le chuchotement

Au dessus du miroir
brisé en mille morceaux

Des milliers de nouveaux paysages
sont maintenant reflétés

A travers la fenêtre paisible
du premier matin

Mon corps vide et silencieux
va s'emplir d'une vie nouvelle

Plus besoins de chercher au delà des mers
L'étincelle du bonheur est là pres de moi

Je l'ai enfin trouvée
Elle est au fond de moi

wakako kaku